IQRA signifie en arabe "Lis !" (à l'impératif).
Le premier mot révélé au Prophète de l'Islam
dans le Coran était le mot IQRA :
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"Lis au nom de ton Seigneur qui a tout
créé !"
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ÇÞúÑóÃú ÈöÇÓúãö ÑóÈøößó ÇáøóÐöí ÎóáóÞ
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C'est à dire que Dieu invite les Hommes et les
Femmes à la science, car sans science, comment connaître
son Créateur et comment comprendre sa foi.
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française et arabe, et pour tout public.
Pour mieux comprendre la place qu'accorde l'Islam
au savoir, nous vous proposons l'extrait suivant, tiré de l'excellent
livre "Apport
des musulmans à la civilisation" de Haïdar BAMMATE,
aux Editions Tawhid :
" Le monde est soutenu par quatre colonnes
: le savoir des sages, la justice des grands, la prière des justes
et la valeur des braves. "
Cette inscription figurait sur les frontons des universités
de l'Espagne musulmane. On remarquera que le savoir y figure en première
place. Rien d'étonnant à cela si on se rappelle que l'Islam
exalte la science dans plusieurs versets du Coran, qu'il affirme par
la bouche de son Prophète que " l'encre des savants est
plus précieuse que le sang des martyrs ", et engage ses
fidèles à " rechercher la science, dussent-ils aller
jusqu'en Chine pour la trouver. "
Au cours de plusieurs siècles, les Musulmans
restèrent fidèles à la consigne de leur religion.
" Pendant toute la première partie du Moyen
Age, écrit Philip K. Hitti, nul peuple n'a apporté au
progrès humain une contribution aussi importante que celle des
Arabes, si nous comprenons sous ce vocable tous les peuples de langue
arabe et non seulement les natifs de la Péninsule arabique
Pendant
des siècles, la langue arabe a été celle de la
science, de la culture et du progrès intellectuel pour l'ensemble
du monde civilisé, exception faite de l'Extrême-orient.
Du neuvième au douzième siècle, l'arabe à
produit plus d'uvres philosophiques, médicales, historiques,
religieuses, astronomiques et géographiques que tout autre langue
humaine. "
Cependant, pour avoir une perspective juste de la civilisation
musulmane, il sied de ne pas oublier que cette civilisation n'est pas
la création du seul peuple arabe. Des peuples très différents
de race et de langue, que l'Islam avait fondus en une communauté
spirituelle supranationale, y collaborèrent et y collaborent
toujours.
Il n'est pas difficile de distinguer dans la civilisation
islamique des nuances qui décèlent le génie propre
des peuples qui contribuèrent à l'uvre commune.
Mais le fait central, essentiel, qui constitue l'âme de cette
civilisation, demeure l'Islam.
C'est à l'Islam, à son monothéiste
absolu, intransigeant, dont dérivent les lois de la cité
musulmane et les règles de la vie publique et privée du
croyant, qu'elle doit son unité spirituelle.
Elle le doit aussi, et dans une large mesure, à
la magie de la langue arabe.
La pensée grecque à l'apogée de
son élévation avait affirmé, par la bouche d'Isocrate,
que " ce n'est pas l'origine mais l'éducation qui faisait
l'Hellène. "
En parlant de l'homme musulman formé dans le
creuset de l'Islam, on ne saurait assez insister sur le rôle éducateur
de la langue arabe, cette langue fascinante, prodigieuse de force d'évocation
et de souplesse, qui fut au cours des siècles, comme le latin
pour le Moyen Age chrétien, non seulement une langue de culture,
mais une véritable lingua franca pour tous les pays de l'Islam.
Langue liturgique, l'arabe a profondément marqué
la plupart des langues de la communauté musulmane, et sa prépondérance
aux siècles du plus grand épanouissement de la civilisation
islamique était telle que M. Hitti a pu dire, avec raison, que
dans l'Empire de l'Islam tout homme professant la religion musulmane
et parlant l'arabe a été considéré comme
Arabe.
Quant à la place qui revient aux Arabes dans
la civilisation musulmane, elle est immense. Personne ne peut leur ravir
la gloire d'avoir été les promoteurs de cette civilisation
et de l'avoir portée au plus haut degré de son rayonnement.
L'apogée de la civilisation islamique se situe, en effet, sous
les règnes glorieux de Hârûn ar-Rashîd et d'Al-Ma'mûn,
vers le milieu du IXe siècle. C'est aux Arabes que l'Espagne
doit son prodigieux essor culturel et matériel, du IXe au XIIe
siècle, quand les universités musulmanes d'Andalousie
attiraient vers elles les esprits d'élite de l'Occident tout
entier. Ce sont les Arabes qui portèrent la civilisation musulmane
de l'Espagne en Septimanie et du Maghreb en Sicile et en Italie du sud.
Mais une fois l'hommage légitime rendu aux Arabes,
il serait contraire à la vérité historique et à
l'équité de ne pas s'incliner très bas devant l'apport
prestigieux à l'uvre commune de l'Asie centrale, de l'Iran,
de la Turquie et de l'empire Mongol de l'Inde.
Est-il possible d'ignorer ce que la civilisation musulmane
doit à l'époque seldjoukide, dont on peut encore de nos
jours admirer les monuments d'art à Konia ; à la Renaissance
Timouride en Asie centrale au XVe siècle, quand les villes de
Samarkand, de Boukhara et de Hérat étaient des centres
lumineux des sciences et des lettres ; peut-on méconnaître
ce qu'elle doit aux principautés persanes des Samanides et des
Bouyides et à l'illustre dynastie des Séfévides
(1500-1772) qui jeta un lustre nouveau sur l'histoire de l'antique royaume
de Perse et ressuscita pour deux siècles la splendeur des temps
des Sassanides - deux siècles dont A. Gayet a pu dire qu'ils
furent " l'âge d'or de l'art persan aboutissant à
son expression parfaite
l'apogée, le raffinement, le miracle
de beauté et d'équilibre, le bouquet final d'un feu d'artifice.
"
Il serait également injuste de passer sous silence,
comme le font souvent beaucoup d'orientalistes, l'importante contribution
des Turcs Osmanlis.
Non seulement l'Empire Ottoman perpétua pendant
plusieurs siècles la puissance de l'Empire de l'Islam reconstitué,
mais il fut, au XVIe siècle, un des pays les plus civilisés
du monde.
Le plus puissant monarque de l'Univers de son temps,
Sulaymân la Magnifique, a été aussi un poète
raffiné et un protecteur fastueux des lettres et des arts. "
De multiples preuves du niveau culturel élevé de l'Empire
Ottoman sous son règne nous sont fournies par le développement
des sciences et du droit ; par la floraison des uvres littéraires
en arabe, en persan et en turc ; par les monuments contemporains d'Istanbul,
de Boursa et d'Edirné; par la prospérité des industries
de luxe; la vie fastueuse de la cour et des hauts fonctionnaires ; enfin
par la tolérance religieuse. Toutes les influences se mêlent
- turque, byzantine, italienne notamment - et contribuent à faire
de cette époque la plus brillante des Ottomans. " Pour juger
de la haute estima dans laquelle les contemporains tenaient les institutions
ottomanes, il suffit de se rappeler qu'Henri VIII d'Angleterre avait
envoyé en Turquie une commission chargée la justice ottomane
pour réviser le système judiciaire anglais.
Enfin, comment ne pas songer qu'à la même
époque, l'Empire Mongols des Indes donnait au monde le "Tâj
Mahal ", dont la beauté architecturale n'a jamais été
dépassée, et l'"Akbar Nameh ", d'Abul Fadl :
" Cet extraordinaire ouvrage, dit M. Carra de Vaux, rempli de vie,
d'idées et de science, où tous les compartiments de la
vie sont examinés, inventoriés, mis en ordre et où
le progrès éclate à chaque instant, est un document
dont la civilisation orientale peut à juste titre être
fière. Les hommes dont ce livre exprime le génie ont devancé
leur temps dans l'art plastique du gouvernement, comme peut être
aussi ils l'ont devancé dans les spéculations sur la philosophie
religieuse. Ces poètes, ces méditatifs savent manier le
concret. Ils observent, classent, comptent, expérimentent. S'il
leur vient des idées, ils les soumettent à l'épreuve
des faits. Ils les expriment avec éloquence, mais les appuient
de statistiques. " Et M. Carra de Vaux conclut en exaltant les
principes de tolérance, de justice et d'humanité qui furent
ceux du long règne d'Akbar.