C'est que le Coran est l'oeuvre exclusive de Dieu et, pour traduire le texte d'un auteur, il faut être au moins de la force littéraire de cet auteur et il faut être aussi versé dans la matière qu'il traite. Il est en effet bien connu qu'il faut être chimiste pour traduire un livre de chimie et mathématicien pour traduire un livre de mathématiques. Or le Coran est l'expression de Celui qui embrasse de Son Savoir infini toutes les sciences connues et inconnues et dont la vue n'est arrêtée ni par les limites de l'espace ni par celles du temps. Sa langue même ne peut être qu'au niveau de la perfection à tous les points de vue et c'est donc une folie ou un comble de prétention que de vouloir traduire ce Livre au sens de produire dans une autre langue une oeuvre de valeur égale et pouvant se substituer à lui.
Les plus grands savants de la langue arabe et les plus versés dans l'art de l'interprétation du Coran ne peuvent se targuer d'avoir épuisé tous les sens de ce Livre aux vérités inépuisables et dont l'esprit humain ne cesse d'en découvrir de nouvelles au fur et à mesure de son développement. Néanmoins, est ce que le fait de ne pouvoir faire le tout nous donne une excuse pour ne rien faire du tout ? Nous voudrions rappeler aux Musulmans et surtout à ceux d'entre eux qui parle l'Arabe, qu'il est de notre devoir absolu de faire parvenir le Verbe divin à qui veut l'entendre car, autrement, nous serions aussi blâmables que celui qui refuse d'apporter un témoignage pour sauver un innocent. Dieu dit : "...Qui est plus injuste que celui qui cache un témoignage qu'il détient de Dieu..." (s2/140).
Notre nature matérielle nous fixe jalousement à notre globe terrestre et nous voile absolument les horizons lointains de la Vérité transcendante et absolue. Cependant chez quelques élus de Dieu, les Prophètes, l'esprit écrase tellement la matière que ces âmes pures et surhumaines ont été les seules à déchirer les voiles et à capter la voix de l'Archange Gabriel, loyal messager de Dieu ou Saint Esprit pour recevoir le Verbe éternel de Dieu.
Chaque fois que l'Humanité s'est perdue dans son erreur et a désespéré de trouver en elle-même remède à son angoisse mortelle, Dieu a bien voulu faire surgir l'un de ces êtres privilégiés à qui Il confia le Livre par l'intermédiaire de son messager fidèle.
Il faut être Arabe soi même ou posséder cette langue avec toutes ses finesses pour apprécier à sa juste valeur le style percutant et lapidaire du Coran qui se renouvelle toujours et ne lasse jamais. Jamais narration n'a été plus ensorcelante et jamais l'économie des mots ne s'est alliée avec autant de bonheur à la force du verbe pour faire jaillir l'idée dans toute sa puissance, sans la moindre lourdeur ni la moindre bavure.
On peut lire et relire mille fois les récits de Joseph, des Gens de la caverne, de Marie et bien d'autres en ayant à chaque fois la même ivresse et la même délectation. le Coran est donc dans le temps la dernière Écriture descendue du Ciel. Elle représente la forme parfaite du Verbe divin révélé à une humanité déjà mûre. Ce Livre vient parfaire et abolir tous ceux qui l'ont précédé comme toute loi nouvelle abroge l'ancienne.
Dieu s'est porté Lui même garant de la préservation de ce Livre qui est pratiquement le seul à nous être parvenu dans son intégrité parfaite. Il ne s'adresse ni à un peuple, ni à une race en particulier mais à l'Humanité toute entière et on y lit souvent : "O ensemble des Humains et des Djinns...".
Il est avant tout un code minutieux et sacré, donc inviolable de tous les comportements de l'être vis à vis de Dieu, de l'être vis à vis de lui même et vis à vis des autres créatures. Il embrasse ainsi la vie toute entière et n'admet de ce fait ni clergé, ni laïcisme. Dire que la religion est une affaire de l'Homme et de son Dieu ou que le domaine de la Religion s'arrête aux murs de la mosquée est un parfait non sens.
Le Coran est avant tout une loi et ceux qui ne jugent pas d'après elle, ceux là sont les rebelles et les dévoyés, ceux là sont les injustes, ceux là sont les négateurs. Le Coran appelle tous les humains à entrer dans la paix de sa Loi et dans l'ombre salutaire de sa Sagesse. Il leur apprend aussi que toutes les ambitions leur sont permises et que même le ciel est à la portée des natures généreuses. Seules les ailes de la piété sont assez longues pour y parvenir.
Si tous les Humains pratiquaient le dixième seulement de sa loi et de ses préceptes, la Terre serait tout à coup autre que la Terre et ce serait déjà un peu le Paradis. Mais c'est vraiment compter sans le Diable qui a reçut le droit d'entraîner à sa suite de quoi remplir les gouffres insatiables de l'Enfer.