Abû Hâmid al-Ghazâlî (1058-1111) est de loin l'auteur le plus
connu et le plus controversé de la période médiévale musulmane. Cet homme
d'une incontestable et remarquable intelligence nous a légué des centaines d'écrits
(seuls quelques dizaines nous sont parvenues) qui ne cessent de faire parler de
lui aujourd'hui encore.
Le chemin vers le paradis (Minhâj) qu'il préconise est semé
d'obstacles en tous genres. L'auteur a d'ailleurs constaté que : " c'était
une voie ardue et un chemin difficile, aux nombreuses montées abruptes, extrêmement
pénible, aux vastes étendues, aux terribles fléaux, parsemées de nombreux
obstacles et handicaps, ornées de périls et de précipices, pleine d'ennemis
et de brigands, peu fréquentée. C'est ainsi qu'elle doit être parce qu'elle
est la voie du Paradis.
Al-Ghazâlî, fidèle à son habitude, va s'engager dans l'énumération
exhaustive des situations qui vont se présenter au dévot soucieux de se
rapprocher de Dieu. Mais il avertit déjà : rares sont ceux qui sont parvenus
à franchir sans encombre les sept obstacles qui se dressent sur cette voie.
C'est alors que l'adoration vouée à Dieu va prendre ici tout son sens.
Djamel Ibn Fatah, titulaire d'un troisième cycle universitaire de littérature
arabe, a longuement étudié la pensée de Ghazâlî. La traduction qu'il présente
ici est fidèle à la terminologie spécifique employée par l'auteur.