Petit épître de jurisprudence islamique selon le rite hanéfite
On a fait remarquer que sur de nombreux
plans, l'Islam présente un ensemble de quatre principes ou éléments se
rapportant généralement à un cinquième terme constituant leur centre ou leur
fondement : les quatre califes bien-guidés représentant le Prophète, les
quatre "piliers" de la religion (prière, jeûne, pèlerinage, zâkat)
découlant de la profession de foi... et également, les quatre écoles
orthodoxes de l'Islam sunnite qui différencient une Loi (Sharî'a) unique.
Chacun des rites met donc en relief un aspect de cette Loi correspondant aux
différents tempéraments et tendances qui se sont manifestés au cours des
siècles parmi les peuples de l'Islam. Aussi ne saurait-on proclamer, comme
d'aucuns le voudraient aujourd'hui, la "mort des écoles" et leur
réunification sous la houlette d'un madhab unitaire qui n'a jamais existé
que dans l'imagination de ses partisans. L'unité n'est pas l'uniformité et ce
n'est certes pas en mettant tout le monde au pas d'un "nouvel ordre"
islamiste que l'on obtiendra l'unisson. Des divergences ont été légitimées
du vivant même de l'Envoyé de Dieu ; a fortiori se justifient-elles après la disparition
de celui qui fut et demeure, dans l'esprit des musulmans, la seule référence
incontestable. Car, ainsi que l'affirmait l'imâm Malik devant la tombe du
Prophète : "Le seul à ne s'être jamais trompé repose désormais dans ce
maqâm